Le modèle économique des néobanques toujours en question

Le modèle économique des néobanques toujours en question

La levée de fonds record de 500 millions de dollars de Revolut ne masque pas une problématique récurrente : la rentabilité du modèle économique des néobanques. Ce doute les empêche de s'affirmer dans un marché, certes concurrentiel, mais toujours préempté par les banques traditionnelles.
Banques en ligne

Rédigé par Olivier BALBASTRE

le 13 Mars 2020

Le modèle économique des néobanques toujours en question

Levée de fonds et conquête clients

Les néobanques accumulent les levées de fonds exceptionnelles ces dernières années. L’ancienne Fintech britannique Revolut a frappé un grand coup en ce début d’année 2020, en bouclant un tour de table à hauteur de 500 millions de dollars. Avec une valorisation désormais chiffrée à 5,5 milliards de dollars, elle devance ses concurrentes N26 (3,5 milliards de dollars), Monzo (2,5 milliards de dollars) et Monese (1,5 milliards de dollars).

L’argent récolté a servi à muscler les stratégies de conquête clients, à étoffer les équipes et à s’ouvrir à de nouveaux marchés. Les néobanques européennes N26 et Revolut s’attaquent par exemple aux Etats-Unis. Et la course à l’acquisition client fonctionne : Monzo revendique 2 millions de clients, N26 5 millions de clients, et Revolut plus de 10 millions (dont un million en France). Des niveaux qui commencent à titiller les banques traditionnelles.

Les clients des néobanques n’y domicilient pas leurs revenus

Tout semble indiquer des vents porteurs pour les néobanques qui grappilleraient des parts de marché. Mais le défi reste immense pour s’immiscer sur le marché. En France, une récente étude Colombus Consulting/OpinionWay évalue à 4% le pourcentage de sondés ayant ouvert un compte dans une banque mobile (13% dans une banque en ligne). Toutefois, seuls 1% y domicilient leurs revenus afin d’en faire leur banque principale.

Or, un client actif, c’est le moyen d'asseoir et de pérenniser un modèle économique pour un établissement bancaire. Séduire mais aussi fidéliser constituent donc des priorités. Et Revolut a beau dire être rentable sur chaque clients, ce n’est pas le cas si on tient compte des investissements importants réalisés pour recruter ses clients. La preuve : Revolut a concédé un déficit de 37,6 millions d’euros en 2018, N26 32,5 millions d’euros.

Des néobanques en quête de rentabilité

Le fondateur de Revolut, Nikolay Storonsky, ne s’y trompe pas en affirmant « se concentrer sur la recherche de la rentabilité ». Un équilibre précaire quand on connaît les sommes investies dans le cadre des politiques de recrutement massif de clients. Revolut montre pourtant l’exemple avec la multiplication de services bancaires. Tour à tour se sont ajoutés à l’offre de compte courant le transfert d’argent, le trading, l’assurance, le paiement transfrontalier, l’achat de cryptomonnaies ou d’or, etc.

Il s’agit bien de diversifier les sources de revenus en équipant les clients de services payants. A ce titre, les solutions de crédit à la consommation voire de crédit immobilier devraient se développer. Interrogé par Les Echos, Nicolas Darbo, associé chez Accuracy, un cabinet spécialisé dans le conseil financier, rappelle : « Il y a un vrai enjeu pour les néobanques sur leur capacité à dégager du revenu par utilisateur ». 

Un revenu annuel par client encore largement insuffisant

Difficile de connaître le revenu par client des néobanques. Le consensus veut que la moyenne se situe autour de 50 euros en 2019. Une moyenne qui devrait croître dans les années à venir car il ne faut pas nier l’engouement autour des banques mobiles qui proposent toujours plus de services innovants, instantanés et souples. Reste que ces estimations de revenu par client sont très éloignées de celui des banques traditionnelles.

Les cabinets Accuracy et KPMG chiffrent ce dernier à hauteur de 500 euros par an. Voir plus. Les néobanques sont même moins bien loties que les banques en ligne comme l’affirme Nicolas Darbo. La filiale de La Société Générale, Boursorama Banque, aurait un revenu annuel par client d’environ 200 euros. Ces mêmes banques en ligne dont on interroge la viabilité du modèle économique…

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