La banque mobile Revolut collecte 676 millions d'euros pour une valorisation record

La banque mobile Revolut collecte 676 millions d'euros pour une valorisation record

La néobanque Revolut annonce une nouvelle collecte de fonds auprès de SoftBank et Tiger Global Management. Toujours pas rentable, la banque mobile continue pourtant de grossir, en s'attaquant à de nouveaux marchés, et en élargissant son offre pour muter en super application.
Banques en ligne

Rédigé par Olivier BALBASTRE

le 26 Juillet 2021

revolut valorisation record

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Revolut toise les plus grands groupes bancaires

Rien ne semble pouvoir stopper la marche triomphale de la banque en ligne Revolut. Le 17 avril dernier, Skynews révélait l’intention de la néobanque britannique d’opérer une nouvelle levée de fonds au cours de l’été. Les projections affirmaient alors que la valorisation de Revolut atteindrait 10 milliards de dollars. Conseillé par la banque d’investissement états-unienne FT Partners, le pure player a fait mieux.

Lancé en 2015, l’établissement a bouclé un tour de table de 800 millions de dollars (676 millions d’euros). En six ans d’existence, sa valorisation s’élève à 33 milliards de dollars (28 milliards d’euros). Les investisseurs présents pour cette série E sont bien connus du sérail : Vison Fund de SoftBank, déjà partie prenante dans eToro ou Klarna, et Tiger Global Management, financeur de Coinbase ou Nubank.

Revolut recense 16 millions de clients dans le monde, dont 1 million en France. La banque mobile enregistre chaque mois plus de 150 millions de transactions. L’établissement était d’ailleurs parvenu à lever 500 millions de dollars en février 2020 (série D), notamment pour se lancer sur le marché des États-Unis.

Désormais, sa valorisation six fois plus élevée la positionne comme la Tech la plus puissante au Royaume-Uni. Comparativement, Revolut pèse aussi lourd que les mastodontes britanniques NatWest (ex-RBS, 23,5 milliards de livres) et la Lloyds Banking Group (33 milliards de livres). Elle surpasse d’un tiers la capitalisation boursière de La Société Générale, et fraye dans les mêmes eaux que la Deutsche Bank.

Le monde numérique : ce chamboule-tout du secteur bancaire

Revolut illustre le scénario du passage de l’ancien vers le nouveau monde. Un basculement toutefois à nuancer. Certes, les banques traditionnelles souffrent de l’inertie de leur structure (réseaux d’agences physiques, nombre d’employés, lourdeur des systèmes informatiques). L’environnement économique et réglementaire ne cesse, d’un côté, de rogner leur marge sur les crédits, et, de l’autre, d’augmenter les coûts en matière de sécurité.

Au contraire, les banques numériques misent sur des tarifs agressifs et des services disruptifs grâce à leur application mobile. L’expérience client est travaillée et les fonctionnalités innovantes pleuvent pour coller aux attentes et aux comportements des usagers. À ce titre, la pandémie n’a fait que conforter et amplifier les nouvelles habitudes : gestion en ligne, temps réel, paiement mobile, virements instantanés, etc.

Revolut exploite très bien ce créneau, en proposant des services variés comme les transferts d’argent en devises à bas coût, le trading de matières premières ou encore les cryptomonnaies. La néobanque a engrangé des revenus grâce à ses services de courtage, à la gestion de fortune et aux prestations destinées aux entreprises.

Et Revolut continue sa mutation pour devenir une super-app, en annonçant se lancer dans le voyage (réservation de chambres), les transports (réservation de vols, de trains et de voitures de location) et le cashback (jusqu’à 10 %). Une stratégie qui consiste à bâtir un écosystème autour du paiement, comme Paypal ou les Gafam.

Rentabilité, gestion de croissance, réglementation : un horizon pas toujours bleu

Si ce n’est pas la priorité du moment, Revolut doit atteindre le seuil de rentabilité. Comment ? En étoffant son offre de produits bancaires rémunérateurs (épargne, crédits, assurance, bourse) et en s’ouvrant à de gigantesques marchés (États-Unis, Inde, Japon, Australie). Car, malgré une croissance du chiffre d’affaires en 2020 de +57 % (261 millions de livres), Revolut affiche une perte d’exploitation de 122 millions de livres.

La néobanque britannique a souffert d’une baisse des revenus des paiements et des transferts d’argent à l’international suite à la pandémie. Les investissements sont par ailleurs toujours conséquents, notamment pour se conformer au contrôle des risques, imposé par la réglementation européenne. En mars 2019, le Telegraph révélait que le gendarme financier outre-Manche s’était penché sur des manquements dans les procédures de contrôle.

Autre mauvais signal : une série de démissions qui illustrait une culture d’entreprise rudoyant ses salariés. Depuis, Revolut semble avoir digéré la mauvaise gestion de cette croissance exponentielle, en installant l’expérimenté Martin Gilbert à la tête de son conseil d’administration. La pandémie aura aussi été une période fertile pour écouter les doléances des 2000 employés. L’analyse de sondages et d’enquêtes en interne a permis de mettre en place des mesures pour rendre le travail plus flexible et agréable à distance.

Pour le fondateur et CEO de Revolut, Nikolay Stovonsky, l’objectif n’a pas changé : conquérir 100 millions d’utilisateurs dans les années à venir. Le patron, inspiré par les modèles de super-applications Alipay et WeChat Pay, peut donc se servir de cette nouvelle souscription pour se rapprocher de ses ambitieux objectifs. D’autant que la néobanque peut compter sur le redressement de sa profitabilité au dernier trimestre 2020, et sur un bond de 130 % de ses revenus au premier trimestre 2021.

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