Quels frais bancaires moyens en France ?

Les frais bancaires moyens en France flirtent avec le seuil des 200 euros par an. Sur la facture, les frais d’incidents bancaires et le coût de la carte bancaire pèsent deux tiers de la note. Il faut ajouter également la généralisation des frais de tenue de compte dans les banques traditionnelles depuis quelques années. 

 
 
Les banques sans frais de tenue compte

Les frais de découvert et la cotisation carte de paiement salent la note

En 2017, les frais bancaires moyens en France étaient de 193,80 euros. Et la facture continue de grimper à un rythme annuel de 0,25 %. Parmi les sources de dépenses, les clients doivent s’acquitter de la cotisation de leur carte bancaire qui coûte en moyenne 64,40 euros par an, soit le tiers de la facture. Autre ligne de dépense à laquelle doivent faire face les usagers bancaires : les fameux frais d’incidents bancaires. Comprenez les frais qui tombent à chaque fois que votre solde bascule dans le rouge ou qu’un paiement est rejeté à cause d’un compte courant insuffisamment approvisionné. 

Les frais de découvert représentent 30 % des frais bancaires moyens en France. Ils s’élèvent à 60,20 euros par an. Le plafonnement des commissions d’intervention avait permis de calmer les choses avant que les banques traditionnelles n’alignent leur grille tarifaire au seul admis (8 euros par opération). En 2019, les souscripteurs de l’offre bancaire spécifique réservée aux clients les plus fragiles verront ces frais d’incidents bancaires plafonnés à 200 euros par an et 20 euro par mois. Ce seuil est toutefois jugé trop élevé par les associations de consommateurs qui militent pour sa révision à hauteur de 100 euros par an.

Parmi les principaux postes de dépenses participants aux frais bancaires, nous pouvons citer :

  • les frais liés à la carte bancaire : en moyenne 64.40€/an ;
  • frais liés aux incidents bancaires : en moyenne 60.20€/an ;
  • les autres frais (frais de gestion, alertes SMS, package, ...) : en moyenne 69.20€/an.

En 2017, l’Observatoire des tarifs bancaires constate la hausse des prix des abonnements permettant de gérer ses comptes sur internet, de la carte de paiement internationale à débit immédiat, de la carte de paiement à autorisation systématique, du virement SEPA occasionnel en agence et des frais de tenue de compte. Une baisse tarifaire intervient pour les alertes sur la situation du compte par SMS, la mise en place de frais de prélèvement, la carte de paiement internationale à débit différé, les commissions d’intervention et les assurances pour perte ou vol des moyens de paiement. Enfin, c’est la stabilité pour le coût des retraits en euros dans un DAB d’un autre établissement de la zone euro, des frais de virement par internet et des frais de prélèvement unitaire.

Les frais de tenue de compte ont explosé depuis 10 ans

Différence des frais bancaires moyens entre les banques en ligne et traditionnelles Les frais de tenue de compte ont longtemps été gratuits ou très faibles. Avec le contexte des taux d’intérêt bas, les banques disposent de moins de marge de manœuvre pour tenir leur bilan. Afin de palier cette absence de rentrées d’argent, elles ont commencé à prélever des frais de tenue de compte. Et depuis, les établissements bancaires ne s’arrêtent plus des les augmenter au grand dam des usagers.

Le 7ème rapport annuel de l’Observatoire des tarifs bancaires a passé au crible 112 établissements pour révéler l’évolution des frais bancaires moyens en France. Les auteurs de l’étude se sont concentrés sur l’extrait standard des grilles tarifaires des banques. Entre le 31 décembre 2009 et le 05 janvier 2018, les frais de tenue de compte actif ont plus que doublé, bondissant de 8 euros à plus de 19 euros par an. 

Autre illustration du phénomène : en janvier 2011, 53 banques ne prélevaient pas de frais de tenue de compte actif. Désormais, ce contingent a fondu comme neige au soleil puisqu’ils ne sont plus que 13 au 1er janvier 2018. Parmi ces exceptions, les banques en ligne trônent. Toutes maintiennent la gratuité hormis monabanq qui ne déroge pas à sa politique tarifaire payante.

Le rapport du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) précise que les frais bancaires moyens de tenue de compte dans les banques en ligne s’établissent à 9,75 euros par an contre 19,23 euros par an dans une banque à réseau.

Evolution des frais bancaires moyens en France depuis une décennie

Outre les frais de tenue de compte, les cotisations pour les cartes de paiement ont connu une hausse sensible. En dix ans, la facturation de la carte de paiement internationale à débit immédiat est passée de 35,76 euros à 41,80 euros, celle de la carte de paiement à autorisation systématique de 28,78 euros à 31,67 euros, et celle de la carte de paiement internationale à débit différé de 43,16 euros à 43,95 euros. 

Et les tarifs bancaires moyens à la baisse ? L’observatoire des tarifs bancaires apporte quand même son lot de bonnes nouvelles. Ainsi, le coût annuel de l’alerte sur la situation de compte par SMS a diminué de 28,78 euros à 22,99 euros, celui de la mise en place d’un prélèvement de 3,28 euros à 0,21 euro, et surtout celui de l’abonnement gestion internet de 9,98 euros à 1,74 euro. 

Là encore, les banques en ligne et les banques mobiles ont eu un impact sur les banques traditionnelles. Celles-ci ont dû s’adapter à la concurrence, qui elle-même s’adaptait tout simplement aux changements de comportements des clients. Les opérations courantes ont désormais lieu en ligne et non plus en agence physique. Il a donc fallu réviser à la baisse les frais bancaires moyens sur les services en ligne, tout en se positionnant sur ce segment de l’activité. 

Frais bancaires Tarifs en 2008 Tarifs en 2018 évolution en %
Carte de paiement internationale à débit immédiat 35.76€/an 41.80€/an + 16.89%
Carte de paiement à autorisation systématique 28.78€/an 31.67€/an + 10.04%
Carte de paiement internationale à débit différé 43.16€/an 43.95€/an + 1.83%
Alerte sur la situation de compte 28.78€/an 22.99€/an - 20.22%
Mise en place d’un prélèvement 3.28€ 0.21€ - 93.60%
Abonnement gestion internet 9.98€/an 1.74€/an - 82.57%

La concurrence des banques en ligne offre des perspectives

BNP Paribas a racheté le compte Nickel, quand le Crédit Agricole a lancé son offre mobile Eko by CA à 2 euros, formule dupliquée par les Caisses d’Épargne avec Enjoy. Quant à la Banque Postale, elle prévoit de lancer sa banque mobile baptisée Ma French Bank en 2019. Enfin, d’autres acteurs sont apparus pour faire baisser les prix à l’instar d’Orange Bank, de C-Zam (Carrefour Banque) et des néobanques issues des Fintech telles que l’allemande N26 ou la britannique Revolut.

Cette concurrence a tiré certains coûts vers le bas, mais pas tous. Le coût annuel des cartes à autorisation systématique a grimpé de 6,03 %. Avant de valider chaque opération, le solde du compte associé est interrogé, ce qui empêche d’être en situation de découvert bancaire, source de frais d’incidents de paiement. Les superviseurs s’alarment de la hausse de cette option qui favorise une meilleure gestion de ses finances personnelles. 

C’est d’autant plus dommageable que la question du plafonnement des frais d’incidents de paiement est d’actualité avec un seuil fixé à 200 euros par mois et 20 euros par mois pour les souscripteurs de l’offre bancaire spécifiquement réservée aux plus fragiles.

De plus, la carte à autorisation systématique connaît justement un engouement comme l’illustrent les succès de l’offre Welcome de Boursorama Banque, gratuite et sans condition de revenu, et de Nickel, le compte sans banque distribué via le réseau de buralistes agréés.

Quels sont les frais bancaires moyens en France selon les régions ?

Existe-t-il des différences de tarifs bancaires moyens selon son lieu de résidence ? La réponse est oui. Ainsi, les usagers qui habitent dans l’Ouest de la France ont accès aux tarifs bancaires les moins élevés. En revanche, ceux qui résident en Auvergne-Rhône-Alpes ou en Provence-Alpes-Côte-D’azur sont les moins bien lotis.

En fonction profil client retenu, l’écart entre les territoires atteint 13 % chez les jeunes, 9 % pour le client standard et 8 % pour un profil Premium.

Dans le détail, les frais bancaires moyens pour les plus jeunes s’élèvent à 99,53 euros par en Normandie contre 112,70 euros par an en Nouvelle-Aquitaine. Les frais bancaires moyens pour un profil standard avoisinent 182 euros par an dans la région des Pays de la Loire contre pratiquement 198 euros par an en Occitanie. Quant au client qualifié de premium, mieux vaut vivre en Nouvelle-Aquitaine où ses frais bancaires moyens atteignent 261,89 euros par an, plutôt qu’en Occitanie où la facture flambe à hauteur de 283,57 euros par an.

Outre les écarts entre les régions, des différences existent aussi entre les établissements qui appartiennent à un même groupe bancaire. Ainsi, la Bred ponctionne 34,48 euros par an pour un client jeune en Normandie, alors qu’au même moment et au même endroit, la Banque BCP réclame 144,89 euros par an, soit un différentiel de 320 % ! Même constat pour un profil standard du Nord qui a intérêt à privilégier le Crédit Coopératif (140,42 euros par an) plutôt que la Banque Populaire du Nord (258,50 euros par an) ou la Banque Dupuy de Perseval (298,51 euros par an).

Frais bancaires : les banques en ligne, un gisement d’économies

Ce tableau n’inclut pas les banques en ligne qui sont pourtant des filiales des grands groupes bancaires. Ainsi, d’après le site de comparaison d’offres bancaires en ligne, Banques-en-ligne.fr, un client standard paye 8,41 euros par an en moyenne chez un pure player (Boursorama, Fortuneo, ING Direct, monabanq, BforBank et Hello bank!). Un étudiant s’acquitte seulement de 17,28 euros par an, un jeune actif de 21,16 euros par an, un employé de 25,53 euros par an, un cadre de 27,16 euros par an, et un retraité de 28,09 euros par an.

Profil bancaire Frais bancaires moyens annuels
Etudiant 17.28€/an
Jeune actif 21.16€/an
Employé 25.53€/an
Cadre 27.16€/an
Retraité 28.09€/an

Voir tous les profils bancaires

Des tarifications annuelles qui sont somme toute très basses et ce, quelque soit le profil bancaire... il faut rappeler que les banques en ligne pratiquent la gratuité pour de nombreux services, tel que :

  • toutes les opérations courantes ;
  • les frais de tenue de compte ;
  • les moyens de paiement ;
  • les retraits en euros hors réseau ;
  • l’assurance moyen de paiement.

Cette politique tarifaire leur permet d’obtenir de probants résultats, l’ACPR indiquant que les banques en ligne et les néobanques ont capté un tiers des ouvertures de compte courant en 2017

Toujours sur Banques-en-ligne.fr, un profil standard disposant de 1320 euros nets mensuels de revenus avec une carte à débit immédiat ne paye rien chez Boursorama, Fortuneo et ING Direct. Un jeune actif, qui voyagerait deux fois dans l’année à l’étranger, se voit facturer seulement 11,44 euros chez Boursorama et Fortuneo. Un employé gagnant 1700 euros nets mensuels de revenus et également amené à voyager ne s’acquitte que de 11,05 euros toujours dans ces deux établissements. Idem pour un retraité, dont les frais bancaires moyens ne s’élèvent qu’à 22,31 euros. 

Pour faire des économies sur les frais bancaires en France et retrouver du pouvoir d’achat, les usagers ont tout intérêt à s’intéresser aux banques en ligne.