Crédits étudiants : le guide avant d'emprunter

Crédits étudiants : le guide avant d'emprunter

Banques en ligne

Rédigé par Olivier BALBASTRE

Banques en ligne

Modifié par Stéphanie LORMEAU

le 08 Octobre 2021

Guide pour tout savoir sur le crédit étudiant

Mener des études supérieures n’est pas de tout repos d’un point de vue financier. Les étudiants doivent anticiper leur budget pour l’année universitaire à venir en planifiant leurs revenus comme leurs dépenses. Après cet état des lieux, il est temps de voir si un prêt étudiant est utile et, le cas échéant, comparer les offres de crédit étudiants du marché pour saisir la meilleure opportunité. Voici un guide réunissant toutes les informations pratiques à connaître pour un étudiant avant d'emprunter.

Comment établir son budget étudiant ?

Pour déterminer son budget, un étudiant doit soustraire la somme de ses dépenses à celle de ses revenus. Il s’agit surtout d’additionner les dépenses incompressibles, à savoir :

  • Les frais de scolarité ;
  • Le loyer ;
  • Les divers abonnements liés au logement (électricité, gaz, eau, téléphonie, ...) ;
  • Le coût des transports ;
  • Le coût de la restauration ;
  • Les frais bancaires

Prévoir une somme pour d’autres dépenses ponctuelles comme le matériel informatique, les vêtements, les activités de loisirs, les accidents de la vie courante, ... peut s'avérer utile afin de ne pas se retrouver en difficulté financière.

Parallèlement, il faut calculer ses revenus (job d’été, salaire d’appoint, aides sociales, bourses du Crous, entraide familiale), afin de les comparer aux dépenses. Cet état des lieux permet aux étudiants de savoir si, financièrement, l’année scolaire est réalisable. Si ce n’est pas le cas, alors la solution du prêt étudiant peut tout à fait être envisagée.

Financer ses études par un prêt bancaire

D’après la récente étude de l'observatoire national de la vie étudiante, réalisée au printemps 2020, les élèves inscrits dans un cursus d’études supérieures dépensent en moyenne 635 euros par mois, dont le principal poste de dépenses concerne le logement (loyer et frais liés au logement), plus de 75% des dépenses mensuelles.

Les moyens de financement sont principalement les aides de la famille, les aides publiques, l’argent collecté grâce à un job étudiant, l'épargne personnelle et le crédit étudiant. 40% des étudiants travaillent pendant l'année universitaire et 26% estiment ne pas avoir assez d'argent pour couvrir leurs besoins mensuels. Le prêt étudiant représente 2% des ressources des étudiants.


Qui a le droit au prêt étudiant ?

Le prêt étudiant est accessible à toutes celles et à tous ceux en capacité de justifier le statut d’étudiant et ayant entre 18 et 28 ans. Comment ? En remettant tout simplement à l’établissement bancaire la photocopie de l’inscription dans un établissement du secondaire (BTS, IUT, université, ...). Dans cette catégorie, on retrouve les universités, les grandes écoles accessibles sur concours, les lycées proposant une formation en BTS, etc.

Désormais, les banques acceptent aussi de prêter aux élèves inscrits dans des structures non reconnues par l’état, comme les instituts de sophrologie, les écoles privées d’art, etc. Autre public potentiellement concerné : les cursus post-bac suivis par des étudiants en reconversion professionnelle. De fait, les établissements bancaires ne mettent pas de condition d’âge. En résumé :

  • Il faut être un étudiant entre 18 et 28 ans ;
  • Justifier son inscription dans un établissement du secondaire ;
  • Un garant est fréquemment demandé ;
  • L'acceptation du dossier de prêt étudiant n’est pas assurée.

Bon à savoir : les banques étudient individuellement les dossiers d’élèves désireux de continuer leurs études à l’étranger, les fonds étant délivrés en euros et non dans la devise locale.


Si j’ai un prêt étudiant, dois-je justifier l’utilisation des fonds ?

La question est récurrente : le capital décroché en souscrivant un crédit d’étudiant doit-il obligatoirement servir aux études supérieures, et, si oui, comment le justifier ? En théorie, l’argent doit être lié avec les études. En pratique, les banques n’appliquent pas de contrôle spécifique sur l’utilisation des fonds empruntés.

Pourquoi ? Parce que le crédit étudiant correspond à un prêt personnel non affecté. Autrement dit : d’un point de vue réglementaire, le prêteur ne peut l’exiger. L’emprunt est donc parfaitement libre de s’en servir pour financer ses vacances, et plus largement ses activités sans lien avec les études.


Rembourser un prêt étudiant : comment ça marche ?

Un prêt étudiant dispose d’une période de différé d’amortissement qui permet au souscripteur de ne pas rembourser le capital emprunté dans un premier temps. Ainsi, par exemple, un étudiant pourra démarrer le remboursement de son prêt à partir de la date de son entrée dans la vie active.

C’est un aspect pratique : il rembourse quand il commence à avoir un salaire. Cette franchise peut être totale ou partielle. La franchise totale signifie que toutes les échéances (prêt et intérêts du prêt étudiant) sont décalées. La franchise partielle veut dire que seules les mensualités de remboursement des intérêts démarrent à la date de souscription du crédit étudiant.

Bon à savoir : si une garantie décès-invalidité est incluse, le remboursement doit être honoré chaque mois.


A combien sont les taux des crédits étudiants ?

Le taux d’intérêts des prêts étudiants est de 1 % hors assurances (TAEG fixe entre 0,95 % et 1,15 %). A ce titre, les grilles tarifaires des banques sont assez homogènes, ce qui dénote une certaine évolution. Auparavant, le conseiller clientèle jaugeait la nature du cursus (niveau d’études, parcours envisagé), le durée initiale de l’emprunt et la relation client (l’étudiant est-il déjà un client ou un prospect ?).

L’objectif des banquiers est de dénicher de futurs clients qui vont rapporter à la banque, donc des profils d’étudiants plutôt positionnés sur des métiers porteurs, des professions d’avenir, des fonctions importantes et des emplois qualifiés synonymes de revenus pérennes et confortables. Finis les accords noués entre les banques et certaines grandes écoles, place à l’égalité des chances… même si les banques continuent de vouloir attirer cette catégorie de clients en venant les approcher directement sur les campus des établissements huppés.

Banque Durée

Montant

et durée

Taux (TAEG) Plus d'informations
Logo HSBC
HSBC
jusqu'à 5 ans

de 1 525€ à 75 000€

de 1 à 5 ans

0.80% En savoir plus
Logo Société Générale
Société Générale
jusqu'à 10 ans

de 1 000€ à 120 000€

de 1 à 10 ans

0.79% En savoir plus
Logo CIC
CIC
jusqu'à 10 ans

jusqu'à 80 000€

de 1 à 10 ans

0.90% (1) En savoir plus
Logo Crédit Mutuel
Crédit Mutuel
jusqu'à 10 ans

jusqu'à 80 000€

de 1 à 10 ans

0.90% (2) En savoir plus
Logo Caisse d'Epargne
Caisse d'Epargne
jusqu'à 10 ans (3)

de 1 500€ 45 000€ (3)

de 1 à 10 ans

0.90% (3) En savoir plus
Logo La Banque Postale
La Banque Postale
jusqu'à 10 ans

de 1 000 à 50 000€

de 1 à 10 ans

0.80% En savoir plus
Logo BNP Paribas
BNP Paribas
jusqu'à 12 ans

de 760€ à 75 000€

de 1 à 12 ans

0.89% En savoir plus
Crédit Agricole
jusqu'à 10 ans

jusqu'à 50 000€

de 1 à 10 ans

1% En savoir plus
Logo LCL
LCL
jusqu'à 10 ans

de 1 500 à 75 000€

de 1 à 10 ans

de 0.60% à 1,51%

selon études suivies

En savoir plus
Données recueillies en Juillet 2019 (1) : Taux réservé aux détenteurs d'un Contrat Personnel Jeunes. (2) : Taux réservé aux détenteurs d'un Eurocompte Formule Jeune. (3) : Ces chiffres peuvent varier en fonction des caisses régionales.

Crédit étudiant : quel montant puis-je emprunter ?

Le montant de l’emprunt étudiant fait partie des conditions de l’offre qui varient selon les organismes prêteurs. A titre informatif, un étudiant peut réaliser un emprunt bancaire de 45 000 euros maximum chez la Caisse d’Epargne et 120 000 euros à la Société Générale. Et les autres grandes banques ? Il faut compter par exemple 50 000 euros au Crédit Agricole Ile de France et 60 000 euros en sollicitant LCL.

Par ailleurs, les banquiers savent qu’il est tentant pour un étudiant d’utiliser sa cagnotte rapidement voire de dilapider l’argent, ce qui crée un risque d’impayés. Les établissements bancaires proposent ainsi l’échelonnement des versements du capital. Cette option est d’ailleurs intéressante puisque le montant total des intérêts s’en trouve réduit.


Prêt étudiant : quelle durée ?

Autre élément qui caractérise l’offre de prêt étudiant, la durée globale de l’emprunt est rarement supérieure à dix ans (seulement 5 ans chez HSBC, mais jusqu'à 12 ans à la BNP), ce qui inclut la période de différé d’amortissement. En revanche, un étudiant ne peut pas profiter d’un "droit à prêt", un mécanisme qui permet de bénéficier d'offres avantageuses sur le prêt, selon les intérêts obtenus sur le plan d'épargne logement ou le compte épargne du demandeur de prêt. Et ce même si les attentes en termes financiers sont tangibles et élevées.

Bon à savoir : outre le montant et la durée du prêt, d’autres critères influent sur l’offre de la banque, tels que l’intégration d’une option de remboursement immédiat, la prise en compte du nombre d’années d’études supérieures visées, ou encore le profil de la personne se portant caution.


La caution pour un prêt étudiant est-elle obligatoire ?

La faiblesse des rentrées d’argent d’un étudiant oblige la banque à se couvrir en réclamant une caution. Généralement, cette tâche incombe aux parents. Un étudiant peut solliciter une ou plusieurs personnes pour se porter caution de son crédit étudiant. La banque étudie alors leur capacité à prendre le relais en cas de besoin pour rembourser la créance. Ainsi, si les parents sont toujours en train de rembourser leur prêt immobilier ou d’autres crédits à la consommation, ils ne peuvent pas toujours suffire comme caution.

Bon à savoir : Si vous n'avez aucun proche pouvant se porter caution, vous pouvez faire appel au prêt garanti par l’État.


Est-ce possible de renégocier son prêt étudiant ?

Si la période des taux bas incite les primo accédants à souscrire une solution de prêt immobilier ou les propriétaires à renégocier leur taux d’emprunt, aucune marge de manœuvre n’est envisageable dans un prêt à la consommation. La seule solution pour profiter de taux plus avantageux consiste à signer une nouvelle offre de prêt étudiant sans frais de remboursement par anticipation de l’ancien, le tout en disposant encore du statut d’étudiant.

Quid des montants des mensualités ou de la durée du différé ? Certaines modifications sont possibles, le mieux étant qu’elles fussent notifiées dans les clauses du contrat lors de l’adhésion. Des avenants peuvent également être inscrits afin de rallonger la durée de prêt initial, une intervention parfois facturée par les banques.


Faut-il souscrire une assurance décès-invalidité avec son crédit étudiant ?

L’assurance emprunteur demeure facultative pour un crédit à la consommation, comme le prêt étudiant, alors qu’elle est incontournable pour les prêts immobiliers plus engageants financièrement ainsi qu’en termes de durée. Est-ce utile de rajouter ce coût à son budget quand on est un étudiant ? La prudence impose de s’y intéresser au moins pour agir en connaissance de cause.

Exemple : durant la période de différé, le coût d’une assurance décès-invalidité PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie) pour un emprunt étudiant est de 0,18 % à la Société Générale.

Si la souscription de cette garantie peut s’avérer intéressante, d’autres sont moins utiles sauf cas particuliers. C’est le cas de l’assurance invalidité temporaire totale (ITT) qui s’adresse éventuellement aux étudiants en activité (travail rémunéré), donc non effective au cours de la période de différé d’amortissement.


Qu’est-ce que le prêt garanti par l’État ?

Cette formule impose l’État comme caution, sous réserve de respecter certaines conditions :

  • avoir la nationalité française ou être ressortissant d’un pays de l’Espace économique européen ;
  • être âgé de moins de 28 ans ;
  • être inscrit dans un établissement supérieur.

En revanche, le prêt garanti par l’État n’impose aucune condition de ressources. Par l’intermédiaire de la Banque publique d’investissement, l’État se mue en garant de l’étudiant auprès des organismes prêteurs. Autrement dit : en cas de défaillance, c’est l’État qui paiera les mensualités.

L’étudiant peut emprunter jusqu’à 15 000 euros dans cinq banques conventionnées : Société Générale, Banques Populaires, Crédit Mutuel, CIC et Caisses d’Épargne. Ces établissements bancaires fixent le taux du crédit étudiant et peuvent refuser le prêt si la garantie de l’État est jugée insuffisante. La durée du prêt court sur au moins deux ans, l’offre devant inclure la possibilité d’un remboursement anticipé ainsi que les conditions. Les modalités de remboursement sont identiques à celles précédemment exposées.

Bon à savoir : concentrée sur un mois, la distribution de cette offre spécifique démarre au début du second semestre. Pour payer les dépenses de rentrée universitaire, certains établissements comme LCL ou la Macif mettent en place un système d’avances sans intérêts avec assurance facultative


Qu’est-ce que l’allocation spécifique annuelle pour étudiant en difficulté ?

Cette aide permet aux étudiants en situation de fragilité financière de disposer d’une allocation. Elle est attribuée aux étudiants de moins de 35 ans au 1er septembre de l’année scolaire, qui ne perçoivent pas de bourse d’enseignement sur critères sociaux. Aucune limite d’âge n’est contraignante si le demandeur présente le statut d’handicapé institué par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH).

Les autres conditions d’éligibilité coïncident avec celles de la bourse sur critères sociaux (BSC). Son montant équivaut justement aux échelons 0bis à 7 de la BSC : entre 1 042 euros et 5 736 euros par an. L’allocation spécifique annuelle pour étudiant en difficulté peut être reconduite durant sept ans, mais n’est cumulable ni avec une aide au mérite ni avec une aide à la mobilité internationale.

Bon à savoir : l'aide d'urgence annuelle ouvre droit à l'exonération des frais d'inscription à l'université, alors que l’aide ponctuelle du Crous de 2 597 euros maximum est accessible en cas de graves difficultés financières passagères.


Le prêt étudiant, en résumé :

  • Il faut justifier son statut d'étudiant en enseignement secondaire ;
  • Être âgé de 18 à 28 ans ;
  • Aucune justification sur l'utilisation des fonds n'est demandée ;
  • Le prêt étudiant peut être remboursé sous 1 à 10 ans ;
  • Il est souvent demandé aux parents de se porter caution du remboursement, l'étudiant peut cependant demander la garantie de l'état dans certains cas.

Notre conseil : Comme tout prêt, les offres commerciales peuvent varier d'une banque à l'autre, pensez donc à contacter plusieurs organismes avant de signer votre prêt étudiant !

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