PEL : gare à l'échéance en 2026 !

PEL : gare à l'échéance en 2026 !

Mars 2026 marquera un tournant pour l'épargne française : 6,7 millions de PEL basculeront automatiquement en livrets ordinaires, soit 142 milliards d'euros concernés. Les épargnants ont encore le temps d'optimiser leur stratégie. Voici ce que vous devez savoir et anticiper !

Rédigé par Olivier BALBASTRE

le 14 Aout 2025

PEL ouvert en 2011 : quelles conséquences ? 

À partir du 1er mars 2026, tous les plans d’épargne logement de plus de 15 ans souscrits après le 1er mars 2011 vont être automatiquement transformés en livrets bancaires ordinaires. Un PEL est un produit d’épargne réglementée qui donne également droit, sous conditions, à un prêt épargne logement pour financer un projet immobilier.

L’État a choisi d’appliquer une durée de vie de quinze ans aux plans ouverts en 2011. C’est à ce titre que 2026 est une année importante pour les épargnants concernés. Et ils sont nombreux :

  • 6,7 millions de comptes (75 % des plans) ;
  • 142 milliards d’euros d’encours concernés (62 % du total) ;
  • Entre 2026 et 2030 : 36 % des PEL seront clôturés, représentant 93 milliards d’euros ;
  • Le pic en 2030 : 1,1 million de plans et 28 milliards d’euros d’encours.

Cette vague s’explique par le boom des ouvertures entre 2013 et 2016, avec un maximum de 1,5 million d’ouvertures nettes en 2014. À l’époque, les épargnants arbitraient en faveur du PEL, plus rémunérateur que le livret A dans un contexte de baisse des taux.

Si votre PEL a été ouvert entre 2011 et 2015, deux scénarios s’offrent à vous :

  • Option 1 : Utiliser vos droits de prêt avec des taux de prêt de 3,20 % ou 4,20 %, un avantage plus ou moins significatif face aux taux des prêts immobiliers actuels.
  • Option 2 : Subir la transformation Passé la quinzième année, votre PEL deviendra un livret bancaire ordinaire dont la rémunération sera fixée librement par votre banque. Autant dire que vous y perdrez probablement au change.

Et si mon PEL a été ouvert avant 2011 ?

Les plans d’épargne logement ouverts avant 2011 ne sont pas concernés par une fermeture automatique au bout de 15 ans. Leur durée de vie est illimitée si l’épargnant ne réalise pas de retrait. Stratégiquement, garder son ancien PEL permet d’avoir un revenu passif durable et régulier d’autant que les taux proposés à l’époque sont particulièrement attractifs.

Les nouveaux PEL ouverts en 2025 ne rapportent que 1,75 % brut alors qu’avant les années 2000, les rendements pouvaient s’établir à plus de 3 %, sans compter la prime d’État (1525 € maximum). Pour rappel, celle-ci est supprimée pour les PEL souscrits à partir du 1er janvier 2018. Ses conditions d’octroi varient selon la date d’ouverture du plan d’épargne logement : 

  • pour les PEL ouverts avant le 12/12/2002, la prime d’État continue à être versée en même temps que les intérêts, même en l’absence de crédit immobilier ;
  • pour les PEL ouverts entre le 13/12/2002 et le 28/02/2011, le versement de la prime (plafonnée à 1525 €, plus maximum 153 € par personne à charge) intervient seulement en cas d’obtention du prêt lié au PEL ;
  • pour les PEL ouverts entre le 1er mars 2011 et le 31 décembre 2017, le versement de la prime est conditionné à l’octroi du prêt lié à l’épargne logement, d’un montant minimum de 5 000 €.

La fiscalité est enfin plus favorable aux anciens PEL. Avant 2011, les intérêts produits intégraient le périmètre de l’impôt sur le revenu uniquement à partir de la 13e année. C’est le cas pour les plans souscrits en 2012 et 2013. Pour les PEL ouverts à partir de 2018, la règle est plus simple : la flat tax de 30 % s’applique. Pour les PEL ouverts entre 2014 et 2017, les intérêts sont concernés uniquement par les prélèvements sociaux (17,2 %).

Un produit qui retrouve sa vocation d’origine

Créé en 1969 pour faciliter l’accès à la propriété, le PEL s'était peu à peu détourné de sa mission première. Beaucoup d’épargnants l’utilisaient comme simple produit de placement, attirés par des taux parfois plus avantageux que les livrets classiques. Cette époque semble révolue.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2024, le nombre de PEL a encore diminué de 9 % (contre 12 % en 2023), tombant à 9 millions de plans. Le taux de détention des Français n’est plus que de 13,3 %, loin des 24 % de 2016 - soit un Français sur quatre à l’époque. Cette baisse s’accompagne d’une décollecte massive : 37,7 milliards d’euros ont quitté les PEL en 2024, portant les encours à 226 milliards d’euros (contre 257 milliards en 2023), soit une chute de 12,1 %.

Paradoxalement, 2024 renoue avec la reprise des ouvertures. Avec 1,3 million de nouveaux PEL en 2024, on observe un véritable rajeunissement du parc. Résultat concret : 26 % des PEL ont désormais moins de cinq ans (contre 19 % en 2023), représentant 14 % des encours. Ces jeunes plans sont encore en phase d’épargne, leurs détenteurs n’ayant pas encore accès aux droits de prêt.

Cette dynamique s’explique par l’amélioration des conditions :

  • PEL ouverts en 2025 : taux de rémunération à 1,75 % et taux de prêt à 2,95 % ;
  • PEL ouverts en 2024 : taux de rémunération à 2,25 % et taux de prêt à 3,45 % ;
  • PEL ouverts en 2023 : taux de prêt à 3,20 % ;
  • PEL ouverts entre 2011 et 2015 : taux de prêt à 3,70 %.

À titre de comparaison, le taux moyen des crédits immobiliers à 20 ans est monté à plus de 4 % en 2024 avant de revenir autour de 3 % en juillet 2025.

Produit de masse hier (24 % des Français en 2016), le PEL redevient progressivement un outil spécialisé pour l’accession à la propriété. Toutefois, le profil sociodémographique des souscripteurs évolue peu :

  • Encours moyen : 25 017 euros ;
  • 12 % des PEL dépassent le plafond de 61 200 euros, mais représentent 38 % de l’encours total ;
  • Les plus de 45 ans concentrent la majorité des encours ;
  • Chez les nouveaux souscripteurs : moins d’étudiants (11 % contre 16 %) et plus de retraités (23 % contre 18 %).

Si vous possédez un PEL, notamment ouvert entre 2011 et 2015, le moment est venu de faire le point sur votre stratégie. Entre avantages fiscaux en voie de disparition et taux de prêt potentiellement encore attractifs, les arbitrages d’aujourd’hui détermineront la rentabilité de votre épargne de demain.