Trade Republic en 2025 : lancement d’un compte courant rémunéré et d’un PEA
Trade Republic est un néo-courtier allemand qui possède déjà en portefeuille un million de clients en France. Ses produits historiques concernent les plans d’investissement. Désormais, son offre s’élargit pour accélérer sa croissance. Son catalogue enregistre deux nouveaux produits : le plan d’épargne en actions (PEA) et un compte bancaire de dépôts rémunérés.
Le PEA permet d’investir son épargne sur les marchés boursiers tout en profitant d’une exonération d’impôt au bout de cinq années de détention. Pour pouvoir distribuer cette solution, l’établissement a ouvert une succursale en France. Bien connue des Français, l’enveloppe fiscalement avantageuse est sans frais dans ses plans d’épargne, à condition que les versements soient programmés.
La rémunération de Trade Republic s’appuie sur les passages d’ordre ponctuels à 1 euro et une rétrocession des frais facturés par les ETF. L’investisseur accède à un éventail de 150 ETF (fonds indiciels) et 2000 actions. À titre de comparaison, son compte-titres propose 10 000 actions, 2000 ETF, 500 obligations et 50 crypto-actifs. Pour rappel, le PEA limite le catalogue à certains ETF et aux actions d’entreprises dont le siège social se trouve en zone euro. Pour l’heure, le service de fractionnement des titres possible sur le compte-titres ne sera pas disponible sur le PEA.
L’innovation passe aussi par l’ouverture d’un compte courant avec un Iban français. La particularité vise la rémunération des dépôts des épargnants à 3 % brut, sans plafond et sans condition. La néobanque s’aligne sur le taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE). Les intérêts sont cumulés quotidiennement et payés mensuellement.
Pour Vincent Grard, directeur France de Trade Republic, « il s'agit d'une réelle innovation sur le marché français où 700 milliards d'euros dorment sur des comptes courants ». Il peut servir à héberger son salaire, ou émettre et recevoir des virements bancaires. En bonus, les opérations de paiement par carte bancaire permettent d’activer un « saveback » de 1 %. Attention, les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (PFU).
Stratégie de Trade Republic : une néobanque européenne
Trade Republic vise à devenir un acteur clé de l’épargne et de l’investissement en Europe. Ses arguments reposent sur une simplicité d’utilisation, des frais compétitifs, et une gamme diversifiée de produits financiers accessibles via une application mobile. L’établissement attire les jeunes en proposant des investissements progressifs et accessibles, et les futurs retraités avec des plans d’épargne-retraite modernes.
Trade Republic répond à une demande croissante pour des solutions d’épargne digitalisées et transparentes. Le néocourtier veille à la sécurité et la transparence de sa plateforme, qui permet aux utilisateurs d'avoir un contrôle direct sur leurs investissements. La fintech s'inscrit dans un contexte de mutation des systèmes de retraite, incitant à la prise en main individuelle de l'épargne pour anticiper un avenir financier plus incertain.
Matthias Baccino, directeur des marchés européens de l’entreprise, responsable de la communication et porteur des licences bancaires de Trade Republic en France, en Belgique et au Pays-Bas, rappelle les visées de Trade Republic, « une banque européenne basée en Allemagne, qui a ouvert des succursales bancaires dans différents pays dont la France, active dans 17 pays européens pour permettre aux gens d'épargner, d'investir et, depuis le début de l'année 2024, de dépenser ».
Lancée en 2015 et active depuis six ans, la néo banque sait que le marché hexagonal revêt une importance stratégique. Vincent Grard explique que « parmi les 17 pays où Trade Republic est présent, la France est celle qui a le plus massivement adopté les plans d'épargne en ETF ou en actions ». L’ambition n’est pas feinte : être la première banque qui pourra réellement assumer que l’Europe est son marché domestique. Et Matthias Baccino de marteler : « on s’envisage, on exécute, on agit comme un projet européen. »
Trade Republic en concurrence avec Bourse Direct
De quoi faire de l’ombre à la concurrence ? Bourse Direct était justement bien installé sur le marché, avec son offre intéressante et compétitive de PEA. La plateforme propose une application mobile performante incluant des offres spéciales de formations gratuites pour les nouveaux investisseurs. La souscription est rapide et gratuite, sans aucuns frais de droits de garde, d’abonnement et de tenue de compte.
En 2024, Bourse Direct comptabilise plus de 4,6 millions d’ordres exécutés sur sa clientèle directe, en croissance de 3,7 % comparé à 2023. Son chiffre d’affaires consolidé en 2024 s'élève à 75,4 millions d’euros, en hausse de 13,1 % comparés à la même période en 2023. Au 31 décembre dernier, Bourse Direct enregistre 368.000 comptes (+17,8 % sur un an), et une croissance annuelle de 14 % de nouveaux comptes.
Il faudra voir l’impact de l’essor de Trade Republic sur l’activité de Bourse Direct en 2025. En attendant, la Fintech allemande se targue d’avoir atteint la barre des 8 millions de clients à la fin de l’année 2024. Cette année écoulée est la deuxième la plus rentable de sa jeune histoire, témoignant d’une nette progression. La banque mobile revendique 100 milliards d’euros d’encours clients tout compris (comptes courants, actions, ETF, crypto) contre 35 milliards d’euros douze mois plus tôt.
Pour amorcer sa conquête continentale, la Fintech avait pu compter sur plusieurs levées de fonds pour un montant total de 1,2 milliard d’euros entre 2019 et 2022. Plusieurs fonds d’investissement lui ont fait confiance (Séquoia, Accel, Creandum, Projet A Founders Fund). En mai 2021, lors du dernier tour de table, la valorisation de Trade Republic s’établissait à 5 milliards de dollars.