Croissance fulgurante : bunq franchit les 20 millions d'utilisateurs en Europe

Croissance fulgurante : bunq franchit les 20 millions d'utilisateurs en Europe

En dix ans, la néobanque néerlandaise s'est imposée comme un acteur incontournable de la finance digitale. Forte de 20 millions d'utilisateurs européens, elle poursuit sa croissance avec une stratégie d'expansion internationale ambitieuse, outillée d'une application entièrement repensée et de nouveaux services comme la crypto.

Rédigé par Olivier BALBASTRE

le 17 Septembre 2025

De start-up néerlandaise à banque mobile rentable : le pari réussi de bunq

La banque mobile continue sa croissance, annonçant avoir franchi le cap symbolique des 20 millions d’utilisateurs en Europe pour son dixième anniversaire d’existence. C’est en mars 2012 que le projet bunq porté par Ali Niknam décolle aux Pays-Bas après avoir reçu la première licence bancaire pour une Fintech. Toutefois, il faut attendre 2015 et la mise en ligne de l’application mobile bunq pour toucher le grand public. S’ensuit quatre ans plus tard l’ouverture de l’accès à son compte bancaire à l’ensemble des Européens.

Comme Revolut ou N26, bunq mise sur l’interface de son application mobile pour convaincre les clients de souscrire ses solutions. Les fonctionnalités sont multiples et permettent de gérer son budget plus facilement. Le cœur de cible reste les jeunes très sensibles à l’essor des banques mobiles et aux voyageurs qui transitent de pays en pays pour les vacances et surtout le travail. Les tarifs sont transparents et la souscription 100 % en ligne très rapide. 

Actuellement, bunq propose quatre offres : 

  1. bunq Free pour 0 €/mois.
  2. bunq Core pour 3,99 €/mois.
  3. bunq Pro pour 9,99 €/mois.
  4. bunq Élite pour 18,99 €/mois.

Devenue licorne en juillet 2021 avec une valorisation à 1,6 milliard d’euros, bunq boucle l’exercice suivant en devenant la première banque mobile rentable de l’Union européenne. En juillet 2023, la banque mobile annonce son intention de pénétrer le marché aux États-Unis en faisant une demande de dépôt pour décrocher la licence bancaire de courtier-négociant (broker-dealer license).

Bunq s’attaque au marché américain pour séduire les digital nomads

La démarche consiste d’abord à collecter des informations opérationnelles et des retours d’expérience utilisateur avant de basculer sur une demande de licence bancaire complète en 2025. Cette avancée doit permettre aux clients américains d’investir dans des actions, des fonds communs de placement et des ETF tout en délivrant des fonctionnalités de gestion de trésorerie telles que des virements automatiques vers des comptes assurés par la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation).

Le partenariat noué avec MasterCard doit aussi déboucher sur la distribution de cartes de débit. Pour Ali Niknam, Fondateur et PDG de bunq, les utilisateurs « ont un mode de vie international et ont besoin d’une banque qui le soit aussi. Au fur et à mesure que nous nous développons, il devient clair qu’ils ont besoin d’une banque qui fonctionne pour eux, où que la vie les mène. C’est pourquoi nous accélérons notre entrée sur le marché nord-américain. L’étape d’aujourd’hui nous rapproche de la concrétisation de cette vision. »

Bunq vise ainsi près de 5 millions de clients potentiels dont l’activité nécessite un pont entre Europe et États-Unis (digital nomads, expatriés, travailleurs à distance et chefs d’entreprise tournés à l’international). Les résultats financiers incitent à l’optimisme. L’entreprise annonce des bénéfices nets de 85,3 millions d’euros pour 2024, somme réinvestie pour accélérer son expansion internationale.

En 2023, la néobanque néerlandaise affichait un bénéfice de 53 millions d’euros, profitant de la hausse des taux de la Banque centrale européenne et de celle des dépôts de ses clients. Dans la foulée, bunq demandait une licence bancaire au Royaume-Uni après avoir conservé son service auprès de sa clientèle britannique acquise avant le Brexit, en se conformant aux réglementations en vigueur.

Refonte de l’app et intégration de l’IA : bunq muscle son expérience client

Entre-temps, la banque mobile a lancé Finn, sa plateforme d’intelligence artificielle générative dont le but est d’accompagner les clients avec une capacité de traitement de 500 000 questions. L’IA est intégrée dans tous les départements de l’entreprise, depuis le marketing jusqu’à la mise en conformité en passant par le juridique et la tech produit. D’ici la fin de l’année, l’automatisation concernera 90 % des opérations, créant 34 millions d’euros d’économies annuelles.

Bunq revendique donc 20 millions d’utilisateurs à la fin du premier semestre 2025 et une progression de plus de 30% de sa base clients en France. Pour maintenir ce rythme, la croissance externe s’accompagne d’une actualisation complète de l’application. L’expérience client reste au cœur du projet. Les équipes de bunq ont exploité les retours des utilisateurs pour l’enrichir de plusieurs fonctionnalités tout en lui apportant une navigation plus intuitive.

Les fonctionnalités les plus populaires sont désormais accessibles instantanément. L’objectif est d’être le plus pratique possible pour accéder en un clic à ses comptes bancaires, ses comptes d’épargne et les paramètres de ses cartes bancaires. Bunq est aussi très présent dans les produits d’investissements. Toutes les informations se trouvent au même endroit, ce qui permet de suivre facilement la performance de son portefeuille d’actions ou la répartition automatique de l’allocation de son épargne sur les divers produits.

Crypto Bunq : la néobanque s'engage sur le terrain des cryptos

La banque mobile se positionne d’ailleurs sur les cryptomonnaies avec Crypto Bunq. Le service permet d’investir dans 300 monnaies virtuelles. Son lancement n’est pas neutre puisque Bunq s’appuie sur une étude estimant que deux tiers des clients européens étaient à la recherche d’une plateforme tout-en-un. C’est exactement ce que propose bunq qui aspire à démocratiser l’investissement en crypto-actifs en le rendant accessible aux débutants, sans compromis sur la sécurité. Pour la garantir, la banque en ligne s’associe à Kraken, un des exchanges les plus établis du secteur.

De quoi venir concurrencer Revolut sur un domaine générateur de revenus. La fintech britannique a enregistré une hausse du trading crypto de 298 % en 2024 (647 millions de dollars) suite au lancement de sa propre plateforme crypto, Revolut X, accessible depuis 30 marchés en Europe.