Quelle est la fiscalité des gains en bourse ?

Quelle est la fiscalité des gains en bourse ?

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Rédigé par Guillaume ROUSSELOT

Publié le 16 Mars 2026

Depuis le 1er janvier 2026, la fiscalité des gains en Bourse s’est alourdie avec la hausse de la CSG, portant les prélèvements sociaux à 18,6 %. Conséquence directe, la flat tax (PFU) appliquée par défaut aux dividendes et aux plus-values passe ainsi de 30 % à 31,4 %. Pour autant, selon vos revenus et la nature de vos placements, l’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu peut s’avérer plus avantageuse. Dès lors, une question se pose : quelle est la fiscalité la plus adaptée à votre situation ? Décryptage.

Quelle est la fiscalité des gains en bourse ?

Flat tax ou barème progressif : un choix stratégique

Flat tax par défaut

Depuis 2018, les revenus tirés des placements financiers sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU), couramment appelé flat tax. Cette imposition s’applique automatiquement, quel que soit le niveau de revenus du contribuable, sans tenir compte de sa tranche marginale d’imposition (TMI).

Depuis le 1er janvier 2026, la hausse de la CSG porte le taux de la flat tax à 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux.

Le barème progressif : l’alternative

Sur option, chaque contribuable peut renoncer à la flat tax et choisir l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, les gains sont taxés selon sa TMI (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %), à laquelle s’ajoutent les prélèvements sociaux de 18,6 %.

Ce régime ouvre toutefois droit à plusieurs avantages fiscaux majeurs, notamment :

  • L’abattement de 40 % sur les dividendes ;
  • La déductibilité de 6,8 % de CSG ;
  • Des abattements pour durée de détention sur certaines plus-values ;
  • La déduction des frais de garde des titres.

Flat tax ou barème : quelle fiscalité choisir ?

Selon votre TMI, une première tendance se dégage :

Si votre TMI est de 0 % ou 11 %, l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu est souvent plus avantageuse : le taux de 11 % restant inférieur au 12,8 % de la part « impôt » de la flat tax. 

À l’inverse, pour une TMI de 30 %, 41 % ou 45 %, la flat tax demeure, dans la majorité des situations, la fiscalité la moins pénalisante, malgré les abattements offerts par l’imposition au barème de l’impôt sur le revenu. Les tableaux comparatifs présentés plus loin dans l’article permettent toutefois d’entrer plus finement dans les subtilités de chaque option.

Cas pratique : Claire, imposée à 11 %, perçoit 1 200 € de dividendes par an. Grâce à l’abattement de 40 % et à la déductibilité partielle de la CSG, son imposition réelle est bien inférieure à celle de la flat tax. 

Quels revenus sont concernés par ce choix fiscal ?

Quel que soit le mode d’imposition retenu, la fiscalité s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers perçus au cours de l’année, notamment :

  • Les intérêts des livrets non réglementés et des comptes à terme ;
  • Les revenus obligataires ;
  • Les dividendes d’actions, d’ETF ou d’OPC (SICAV, FCP) ;
  • Les plus-values de cession de valeurs mobilière ;

Le choix entre la flat tax et le barème progressif est global et annuel : vous choisissez l’un ou l’autre, et le régime retenu s’applique à l’ensemble de vos revenus financiers, sans possibilité de les combiner. À part, l’assurance-vie obéit à des règles fiscales spécifiques. Toutefois, le choix opéré via la case 2OP peut également avoir un impact sur certains rachats.

Cas pratique : en 2026, Paul perçoit des intérêts sur un livret ainsi que des dividendes et une plus-value sur son compte-titres. S’il opte pour le barème progressif, l’ensemble de ces gains est imposé selon ce régime. Idem, s’il choisit la flat tax, tous ses revenus financiers sont alors soumis au PFU de 31,4 %.

Comment renoncer à la flat tax ? 

La case 2OP, mode d’emploi

L’option pour le barème progressif s’exerce en cochant la case 2OP lors de la déclaration annuelle des revenus : depuis plusieurs années, l’administration fiscale indique, à la fin du parcours en ligne, si l’option pour le barème est plus avantageuse que le PFU au regard de votre situation. Vous êtes alors libre de cocher ou décocher la case 2OP en conséquence.

En optant pour le barème progressif lors de la déclaration 2026 (au titre des revenus 2025), les intérêts et dividendes, qui ont déjà supporté un prélèvement de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, font l’objet d’un recalcul. Ce prélèvement constitue un acompte non libératoire : il vient s’imputer sur l’impôt définitivement calculé au barème. En cas de trop-perçu, l’excédent est restitué ou imputé sur l’impôt dû.

Flat tax ou barème de l'impôt en vidéo :

Cas pratique : Sophie hésite à cocher la case 2OP. Lors de sa déclaration, l’administration fiscale lui indique que le barème progressif est plus avantageux compte tenu de ses revenus. Elle ajuste son choix avant validation et évite une imposition inutilement élevée.

Dispense d’acompte de 12,8 % : qui peut en bénéficier ?

Sous conditions de revenu fiscal de référence (RFR), il est possible de demander à être dispensé du prélèvement à la source de 12,8 % sur les intérêts et dividendes. Cette dispense permet d’éviter d’avancer de la trésorerie, sans remettre en cause l’imposition finale lors de la déclaration.

Les seuils de RFR à respecter sont les suivants :

  • Intérêts (livrets non réglementés, comptes à terme, obligations…), le RFR ne doit pas dépasser 25 000 € (célibataire) ou 50 000 € (couple) ;
  • Dividendes (actions, ETF, parts de fonds…), le plafond est plus élevé, à savoir 50 000 € (célibataire) ou 75 000 € (couple).

La demande doit être effectuée directement auprès de votre banque ou courtier, via une attestation sur l’honneur, au plus tard le 30 novembre pour s’appliquer aux revenus perçus l’année suivante.

Comment déclarer ses dividendes et plus-values ?

Pour le reste, la déclaration de vos dividendes et plus-values est aujourd’hui largement simplifiée grâce à l’imprimé fiscal unique (IFU) fourni par votre banque ou votre courtier :

  • Les dividendes sont à vérifier puis à déclarer en case 2DC de la déclaration de revenus ;
  • Les plus-values mobilières nettes sont à reporter en case 3VG et suivantes, après compensation éventuelle avec les moins-values de l’année ;
  • En cas de moins-values nettes, celles-ci doivent être indiquées en case 3VH, afin de pouvoir être reportées sur les plus-values des dix années suivantes ;
  • Les abattements pour durée de détention, applicables aux titres acquis avant le 1er janvier 2018, doivent être calculés à l’aide des formulaires 2074 ou 2074-CMV, puis reportés dans les cases 3SG (abattement de droit commun) ou 3SL (abattement renforcé), selon la situation.

Quelle fiscalité sur un compte-titres (CTO) ?

Le compte-titres ordinaire (CTO) offre une grande liberté d’investissement et une souplesse de gestion, mais au prix d’une fiscalité plus élevée que celle du PEA. Son intérêt fiscal dépend donc fortement du mode d’imposition retenu.

Comparée à la flat tax de 31,4 %, l’imposition au barème progressif ouvre droit à plusieurs avantages fiscaux :

  • L’abattement de 40 % sur les dividendes éligibles ;
  • Des abattements pour durée de détention sur certaines plus-values ;
  • La déductibilité partielle de la CSG.

Dividendes en CTO : un levier d’optimisation fiscale

En cas d’option pour le barème progressif, l’abattement de 40 % sur les dividendes et la déductibilité de la CSG à hauteur de 6,8 % permettent de réduire l’imposition globale des revenus distribués. L’économie d’impôt peut être significative pour les foyers faiblement ou modérément imposés, notamment ceux relevant des TMI de 0 % et 11 %.

Tableau comparatif de la fiscalité des dividendes entre PFU et barème de l’impôt (IR)

Fiscalité / TMI
0 %
11 %
30 %
41 %
45 %
Prélèvements sociaux
+ Abattement 40 % (TMI x 0,6)
- CSG (TMI x 0,068)
18,6 %
+0 %
-0 %
18,6 %
+6,6 %
-0,75 %
18,6 %
+18 %
-2,04 %
18,6 %
+24,6 %
-2,79 %
18,6 %
+27 %
-3,06 %
Fiscalité via barème de l'impôt
18,6 %
24,45 %
34,56 %
40,41 %
42,54 %
Fiscalité via flat tax
31,4 %
31,4 %
31,4 %
31,4 %
31,4 %
Cas pratique : avec une TMI de 11 %, un investisseur percevant 2 000 € de dividendes en CTO peut réduire significativement son impôt grâce à l’abattement et à la déductibilité de la CSG permise par l’imposition au barème progressif. Dans ce cas, la fiscalité effective ressort à 24,45 %, inférieure à celle de la flat tax.

Plus-values en CTO : l’importance de la date d’acquisition

Quel que soit le régime fiscal, la plus-value est calculée de la même manière, par différence entre le prix de cession et le prix d’achat de vos titres.

En revanche, pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018, l’imposition au barème progressif permet de bénéficier d’abattements pour durée de détention applicables aux plus-values de cession d’actions, parts de société, FCP et SICAV, dans les conditions suivantes :

  • 50 % si détention du titre entre 2 et 8 ans ;
  • 65 % à partir de 8 ans de détention.

Plus spécifique, un abattement renforcé s’applique aux cessions de titres de PME, sous réserve que la société ait été fondée depuis moins de 10 ans au moment de l’acquisition des titres, à savoir :

  • 50 % si la détention des titres est inférieure à 4 ans ;
  • 65 % jusqu’à 8 ans de détention ;
  • 85 % au-delà de 8 ans de détention.

Fiscalité des plus-values au barème de l’impôt selon abattement (PS inclus et CSG déduite)

Fiscalité / TMI
0 %
11 %
30 %
41 %
45 %
Fiscalité au barème
(aucun abattement)
18,6 % 
28,85 % 46,56 %
56,81 %
60,54 %
Fiscalité au barème
(50 % abattement)
18,6 %
23,35 %
31,56 %
36,31 %
38,04 %
Fiscalité au barème
(65 % abattement)
18,6 %
21,7 %
27,06 %
30,16 %
31,29 %
Fiscalité au barème
(85% abattement)
18,6 %
19,50 %
21,06 %
21,96 %
22,29 %
Flat Tax / PFU
31,4 %
31,4 % 31,4 % 31,4 % 31,4 %
Cas pratique : un investisseur avec une TMI de 41 %, ayant acquis des actions avant 2018, peut bénéficier d’un abattement de 65 % sur la plus-value en optant pour le barème progressif, ce qui ramène la fiscalité réelle à 30,16 % (18,6 + (41 × 0,35) - (41 × 0,068)).

Le PEA : l’enveloppe idéale pour investir en Bourse

Le plan d’épargne en actions (PEA) constitue une enveloppe capitalisante et défiscalisante remarquable : tant qu’aucun retrait n’est effectué, aucune fiscalité n’est due, ni sur les dividendes, ni sur les plus-values. Les gains peuvent ainsi être réinvestis intégralement au sein du plan, ce qui favorise l’effet des intérêts composés.

La fiscalité du PEA dépend exclusivement de son ancienneté au moment du retrait, à savoir :

  • Avant 5 ans : tout retrait entraîne, sauf cas particuliers, la clôture du plan. Les gains sont alors soumis à la flat tax de 31,4 %, ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu ;
  • Après 5 ans : les gains sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus, avec la possibilité d’effectuer des retraits partiels sans clôture. Concernant les revenus des titres non cotés au sein d’un PEA, ils sont exonérés dans la limite annuelle de 10 % de la valeur d’acquisition des titres

Tableau fiscalité du PEA en cas de retrait selon la durée de détention

PEA
Fiscalité Conséquences
Retrait avant 5 ans
Flat tax de 31,4 % 
ou barème IRPP + PS
Clôture du PEA
(sauf exceptions*)
Retrait après 5 ans
Exonération d'impôt
(uniquement PS)
Pas de clôture du PEA
(versements possibles)
*Exceptions à la clôture avant 5 ans : reprise ou création d'entreprise, licenciement, invalidité, retraite anticipée du titulaire du plan ou de son époux ou partenaire Pacsé, retrait de titres de sociétés en liquidation

IFI et CEHR : les impôts à ne pas oublier

En principe, les titres détenus via un CTO ne sont pas soumis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), sauf lorsqu’ils comportent une part d’actifs immobiliers : les établissements financiers informent leur clientèle de la quote-part taxable à reporter sur la déclaration IFI.

De son côté, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) peut alourdir votre fiscalité en cas de revenus élevés ou de gain exceptionnel, par exemple à l’occasion d’une plus-value immobilière, d’une cession de titres ou de la vente d’une entreprise.

Calculée sur le revenu fiscal de référence du foyer, la CEHR s’applique à des taux compris entre 3 % et 4 %. Elle est due lorsque le RFR dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune. En cas de cession importante à venir, un accompagnement fiscal peut s’avérer pertinent afin d’anticiper l’impact de cette contribution.

Taux de la CEHR selon revenu fiscal de référence et situation de famille

Fraction du RFR
célibataire, veuf,
ou divorcé
marié ou pacsé,
(soumis à imposition commune)
Jusqu'à 250 000 €
0 %
0%
Entre 250 001 € et 500 000 €
3 %
0%
Entre 500 001 € et 1 000 000 €
4 %
3 %
Plus de 1 000 000 €
4 %
4 %
Exemple : un célibataire dont le revenu fiscal de référence s’élève à 450 000 € est redevable d’une CEHR de 6 000 €, calculée comme suit : (450 000 € - 250 000 €) × 3 %.

Le choix du courtier : un levier de performance

Une fois la fiscalité maîtrisée, reste un autre levier essentiel : le choix de l’enveloppe et du courtier. Les frais de courtage, les droits de garde ou certains frais annexes peuvent, à long terme, rogner une part significative de la performance nette, parfois davantage que l’impôt lui-même.

Autrement dit, optimiser la fiscalité ne suffit pas : encore faut-il sélectionner un courtier compétitif, transparent sur ses frais et pleinement adapté à votre stratégie d’investissement.

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Fiscalité des gains en Bourse : l’essentiel à retenir

Comprendre la fiscalité constitue un levier majeur de la performance réelle de vos investissements boursiers. À gain brut identique, le rendement net peut varier fortement selon le régime d’imposition choisi et l’enveloppe utilisée.

À retenir :
  • La flat tax de 31,4 % s’applique par défaut à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers ;
  • Le barème progressif peut être plus avantageux pour les foyers faiblement ou modérément imposés. Il permet également de bénéficier d’abattements et de la déductibilité partielle de la CSG ;
  • Le PEA reste l’enveloppe la plus efficace pour investir en Bourse à long terme, avec une exonération totale d’impôt sur le revenu après cinq ans.

Le choix entre flat tax et barème n’est qu’une première étape : le type d’investissement, l'horizon de placement et les frais du courtier influencent tout autant la performance nette. Dans la pratique, l’approche la plus pertinente consiste à combiner les différentes enveloppes (PEA, CTO, assurance-vie, PER) selon votre TMI et vos objectifs patrimoniaux, puis à investir tôt, régulièrement et sur le long terme, en veillant à maîtriser fiscalité et coûts dans la durée.

Pour aller plus loin, Pricebank vous accompagne avec son club PBK et son bilan patrimonial, afin d’investir en toute sérénité et avec une fiscalité optimisée.

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre purement informatif et pédagogique. Elles ne constituent ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une analyse fiscale individualisée ; chaque situation patrimoniale et fiscale étant unique, il est recommandé de solliciter un professionnel avant toute décision.

1 commentaire sur "Quelle est la fiscalité des gains en bourse ?"

PHILAUBE 10/01/2023 à 08h55
est ce que ces revenus cotisent à la retraite?
Réponse de 10/01/2023 à 11h09

Bonjour,

Le système de retraite est basé sur la répartition : Ce sont les cotisations des travailleurs qui financent la pension des retraités. Les cotisations se matérialisent des retenues spécifiques sur les revenus bruts (salaire ou bénéfices selon régime).

Dans le cas de revenus de bourse, vous ne cotisez pas pour la retraite. En revanche, en investissant en bourse, en assurance vie, sur un PER, des SCPI....vous vous constituez une épargne qui permettra d'assurer votre train de vie ou de compléter votre retraite le jour venu. 

Bien à vous,


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